Sucré

Chocolat aux USA : à la rencontre d’Estelle de 37 chocolates

A la rencontre d'Estelle du blog 37 chocolates.

Le chocolat est vraiment un aliment réconfortant, plein de douceur et qui sait vite réjouir nos papilles en quelques crocs.
On espère tous, à notre arrivée aux Etats-Unis, retrouver nos marques préférées en supermarché ou des noms de chocolatiers connus.
Raté !
Alors on se dit que le fameux Hershey’s dont les Américains raffolent pour faire des s’mores ne devrait pas être si mal.
Encore raté (je la vois votre tête de dégout !).

Mais, il ne faut pas désespérer, tous les chocolats ne se résument pas à cette marque !

Grace à la magie des réseaux sociaux, je suis partie à la rencontre d’Estelle, qui anime le blog 37 chocolates. Au travers de cette interview, vous allez en apprendre plus sur son amour du chocolat et comment en trouver du très bon dans votre nouveau pays.

Bonne lecture !


Bonjour Estelle, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Estelle, j’ai 43 ans et je vis en Pennsylvanie depuis 20 ans. Après avoir grandi dans la région parisienne, je suis allée poursuivre mes études d’ingénieure chimiste à Strasbourg. Mon diplôme en poche, j’ai décroché un poste de volontariat international en entreprise (VIE) dans une entreprise de chimie implantée en Pennsylvanie. Je pensais retourner en France à la fin de ma mission. Mais le hasard en a décidé autrement puisque j’ai rencontré puis épousé un Américain, Jonathan, avant la fin de ma mission. Aujourd’hui, je vis dans la région de Philadelphie avec mon mari et nos deux filles.

Quel est ton rapport avec la nourriture ?

La nourriture est au centre de mon quotidien, c’est pour moi une source infinie de plaisir et de convivialité. J’adore tester de nouveaux produits, coffee shops et restaurants.

Mon travail tourne aussi intégralement autour de la bouche. J’anime des ateliers de dégustation de chocolat via Zoom et écris des articles autour de la nourriture pour plusieurs magazines du groupe Edible.

Je t’ai connue grâce à ton interview sur French Expat le Podcast, où tu parlais de ton guide alimentaire à destination des expats nouvellement arrivés aux USA. Est-il toujours disponible ? Quels ont été pour toi tes plus gros chocs culinaires lors de ton arrivée ici ?

Guide de survie alimentaire aux Etats-Unis

Le “Guide de survie alimentaire aux Etats-Unis” est le livre que j’aurais aimé avoir lors de ma première visite au supermarché aux US. Tant de choses sont différentes ici, certains produits de consommation courante en France sont difficiles à trouver ici (la crème fraîche et la pâte brisée réfrigérée, par exemple), tandis que d’autres comme la levure chimique sont conditionnés différemment d’en France.

L’ouvrage est rempli de repères, de conseils et de bonnes adresses pour bien manger aux États-Unis. J’y détaille les produits laitiers et pâtissiers américains mais aussi les coupes de viande, les œufs, le chocolat et les différentes variétés de pommes de terre. Beaucoup de mes lecteurs ne regrettent qu’une chose, c’est de ne pas l’avoir découvert plus tôt (ils auraient évité de remplacer la crème fraîche par de la sour cream, par exemple).

Le livre est destiné aux Européens francophones qui anticipent un séjour prolongé aux Etats-Unis ou au Canada, je pense aux expats et filles au pair mais aussi aux futurs professionnels de l’alimentation aux États-Unis et au Canada.

Peux-tu nous parler un peu plus sur ton activité via ton blog ?

Le guide d'Estelle à consulter d'urgence

L’idée du blog a germé en 2004, lorsque j’ai découvert celui de Clotilde Dusoulier, Chocolate & Zucchini . C’était avant l’ère des réseaux sociaux et l’idée de pouvoir s’exprimer simplement sur le web m’avait beaucoup plu. J’ai donc lancé “Le hamburger et le croissant” en juin de cette même année.

Le blog m’a permis de recréer une vie sociale en Pennsylvanie mais aussi de développer ma plume. Les retours de mes lecteurs m’encourageaient à écrire, si bien que je suis devenue autrice freelance en 2015. J’ai publié le “Guide de survie alimentaire aux États-Unis” la même année et publié mes premiers articles pour la presse américaine en 2016.

L’idée du guide est née en 2006 de trois billets de blog dans lesquels je décryptais des
produits laitiers et des pâtisseries américains. J’en avais rassemblé le contenu dans un fichier PDF de 12 pages offert en téléchargement gratuit. Ce petit guide a rapidement trouvé son public qui m’a non seulement remercié de l’avoir créé mais m’a encouragée à en élargir la portée. C’est une ancienne collègue qui m’a poussée à retravailler le guide, ce que j’ai fait en avril 2015.

Estelle, depuis 2016, tu proposes plein d’ateliers autour du chocolat, d’où te vient cette passion du chocolat ?

Peu après la publication du guide en 2015, je me suis lancé le défi de goûter et passer en revue 37 tablettes de chocolat produites aux États-Unis en l’honneur de mon 37ème anniversaire le jour d’Halloween.

Je me suis intéressée aux tablettes grand cru dites bean-to-bar, transformées en chocolat depuis la fève de la tablette. C’est un processus difficile long et coûteux, ce qui explique pourquoi il y a si peu d’artisans qui produisent ainsi leurs tablettes. Quand on achète un ballotin de truffes ou pralinés, il faut savoir que le chocolat est généralement produit par ce qu’on appelle un couverturier, une entreprise qui produit du chocolat de couverture destiné à la pâtisserie et la confiserie. Cela se traduit par une certaine homogénéité de goûts alors que ce qui m’intéresse, c’est la diversité d’arômes et de textures.

Ce défi m’a fait prendre conscience de deux choses : 1) le chocolat est le plus mystérieux des aliments et 2) il y a des humains aux histoires fascinantes derrière les tablettes que nous consommons !
J’ai aussi été surprise par la vaste gamme de goûts et les histoires des tablettes de chocolat, rencontré des artisans passionnants et passionnés… Bref, j’ai complètement été happée. C’est tout ça que j’ai voulu transmettre tout ça à travers des ateliers de dégustation et c’est ce qui m’a poussée à créer mon entreprise 37 Chocolates.

Estelle et une cabosse

Or le chocolat est un produit que l’on consomme dès le plus jeune âge, c’est difficile d’introduire de nouvelles tablettes à un public qui sait ce qu’il aime. J’ai néanmoins réussi à remplir mes ateliers en collaborant avec des professionnels du vin et en organisant des soirées d’accords vin-chocolat.

Depuis 2020, j’organise des ateliers de dégustation de chocolat via vidéoconférence : j’envoie des kits aux participants partout aux États-Unis et dans le monde et nous dégustons les tablettes ensemble devant l’ordinateur. J’ai ainsi animé plus de 350 ateliers via vidéoconférence en deux ans.

Comment arrives-tu à trouver et découvrir de bonnes adresses de chocolatiers aux Etats-Unis ?

Il faut d’abord se mettre d’accord sur ce qu’est un bon chocolat. Est-ce qu’on cherche un chocolat grand cru réalisé avec soin et transparence ? Un assortiment de pralinés ? J’ai personnellement écumé les rayons de mon coffee shop local puis des épiceries fines de la région. Ensuite, j’ai parcouru des heures sur Instagram à chercher ce qui se cachait sous le tag #beantobar. J’ai beaucoup, beaucoup goûté et dû accepter de faire de mauvaises surprises avant de trouver des tablettes exceptionnelles. 

Les processus de fabrications du chocolat sont-ils différents de ceux que nous avons en France ?

Non, le processus est le même des deux côtés de l’Atlantique. Voici un article pour se familiariser avec celui-ci.

Aurais-tu quelques conseils à nous donner pour trouver facilement de bons chocolats ?

Au supermarché, je conseille d’aller dans le rayon bio pour trouver des pépites. Mes marques préférées sont dans le guide de survie !
Ensuite, il faut lire les étiquettes : la liste des ingrédients doit être limitée à des fèves de cacao, du beurre de cacao, du sucre et, éventuellement, de la lécithine de soja et de la vanille. C’est tout. La seule matière grasse acceptable doit être le beurre de cacao. Si l’étiquette fait mention de graisses végétales comme l’huile de palme, passez votre chemin.

Aux États-Unis, le plus simple est de consulter mon blog  et de commander des tablettes via mon site marchand . J’ai goûté à plus de 1000 échantillons de tablettes pour réaliser cette sélection. Dans tous les cas, il faut poser les questions au chocolatier ou la chocolatière : d’où viennent les fèves de cacao ? D’où vient le chocolat de couverture ? Un artisan réputé ne craindra pas ces questions.

Demain je viens te voir à Philadelphie, où va-t-on manger du chocolat ?

Tu as de la chance, j’ai publié toutes mes bonnes adresses chocolatées à Philadelphie dans le magazine Edible Philly de l’hiver dernier.

Et sinon, tu aimes les s’mores ?

Ha ! Je crois que je n’ai jamais goûté.

Les s'mores

Merci Estelle pour toutes tes réponses qui vont grandement changer la vision du chocolat aux USA.
A titre personnel j’ai dégusté de nombreux chocolats extraordinaires aux USA. Je vous partage un petit producteur dans le Connecticut : accueil et chocolats au top !

Si vous avez de bonnes adresses, c’est le moment de laisser ça en commentaires !

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